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Institut sur la Sécurité Globale et l’Anticipation - ISGA

 Présentation du bassin de vie de l’ISGA - Le mot du directeur         

Patrick Laclémence - Directeur de l’Institut sur la Sécurité Globale et l’Anticipation

Mesurer la Sécurité dans sa globalité, y compris Technologique, pour protéger nos Libertés"

Sur la base de l’investissement de l’Université de Technologie de Troyes (UTT) depuis 20 ans, l’Institut créé en 2018 mène une stratégie de capitalisation des actions, de valorisation des pratiques innovantes et d’élaboration d’un réseau dans les domaines de la prévention des risques, de l’anticipation des menaces et de la gestion des crises. Cette démarche s’appuie sur l’investissement dans les formations et l’excellence scientifique de l’Université de Technologie de Troyes. Elle est adossée à un écosystème partenarial d’acteurs académiques, industriels et institutionnels. La stratégie est basée sur l’exploitation des regards croisés. Elle nous a permis de renforcer notre identification territoriale, nationale et internationale.


L’Institut est au cœur d’un bassin dont la caractéristique est la mutation permanente. Soumis aux ruptures, aux transitions et aux mutations, l’Institut s’est adapté pour proposer une prise de distance face aux soubresauts de la société. L’enjeu pour l’UTT est d’accompagner les décideurs publics et privés dans ce processus. L’Institut s’inscrit dans un écosystème de collaborations qui n’a pas cessé de progresser pour faire face aux crises, aux menaces et aux vulnérabilités. Dans ce processus, le "libre arbitre" est un enjeu majeur !

Au cours de cette évolution, les échanges humains ont changé de rythme, d’apparence, d’échelle en proposant un mode de gestion et d’adhésion aux libertés. Face aux vulnérabilités et menaces, les décideurs doivent agir dans un contexte où les opinions publiques sont toujours plus informées et soumises à la contrainte des peurs. Or, si la sécurité et la sûreté répondent à ces défis, elles peuvent être en tension avec nos libertés. L’équilibre est fragile surtout lorsque, au-delà de la peur, la terreur est l’enjeu du terrorisme. Ce mode opératoire est tel qu’il engendre la frayeur extrême « au cœur » des populations. Le piège pour nos démocraties serait alors de ne plus s’interroger sur le « libre arbitre » ! Les trois théories avancées par John Locke, Thomas Hobbes et Jean-Jacques Rousseau, quoique divergentes en certains points, renvoient à la même idée de l’Etat. Chaque individu peut céder une partie de sa liberté en contrepartie de définir certaines règles de vie ensemble. Le secteur de la sécurité s’est construit parfois sous tension avec les libertés. Et, si l’Etat dispose de la force publique pour maintenir les libertés, comme l’a définie Max Weber en 1920, elle repose sur un consensus avec les citoyens. Or, les activités concernant la sécurité ne sont plus désormais entreprises par un décideur étatique mais par une multiplicité d’acteurs institutionnels et privés. La tension entre les sécurités et les libertés dépend alors d’une stratégie plus globale comprenant aussi des institutions territoriales, des sociétés privées et des solutions technologiques avec les industriels. L’Etat doit alors être le garant pour organiser le continuum de sécurité dans sa globalité. Ce défi, propre à la plupart des pays démocratiques européens, impose de mesurer la sécurité en garantissant les libertés comme un enjeu primordial.

On comprend mieux la notion de gestion de crise et les actions portant sur le concept de « violence légitime » de Max Weber. Elles sont sous entendues par une prise de distance nécessaire pour s’extraire de l’immédiateté des évènements. La réaction doit être mesurée, évaluée et organisée. La structuration de la réplique affirme la mise en place d’une méthode pour disposer de toutes les compétences et les moyens nécessaires. Et si la réponse à la « violence légitime » est dans la « légitimation de la violence », elle est soumise à un processus de regard décalé, d’adhésion et de prise de conscience. La force de nos démocraties repose donc sur cet équilibre en tension pour le décideur entre la sécurité et les libertés. Il impose de prendre de la distance et de proposer un écosystème pour capitaliser les expériences et accompagner la décision. Pour s’en persuader, il n’y a qu’à observer ce sportif de haut niveau qui s’entraîne et structure sa puissance par la maîtrise de son « art du combat ». Il fortifie ses faiblesses, capitalise ses pratiques et se positionne à son avantage pour réagir. En un mot, il reprend la main !

L’Institut propose cette méthodologie dans un écosystème partenarial de confiance entre le citoyen, les experts, les chercheurs et les opérationnels. Dans ce cadre, la Chaire "Sécurité Globale - Anticiper et Agir" développe une démarche d’initiatives, de valorisation et d’accompagnements qui s’inscrit au plus près des décideurs. L'Institut a pour finalité d’organiser la prise de distance nécessaire afin de renforcer la résilience de l’architecture sociale et institutionnelle. Sur cette base, quelques étapes des « regards décalés et croisés » méritent d’être énoncés. Le Ministère des Armées a toujours su inclure dans sa mission le développement de la recherche à son bénéfice avec la Direction Générale de l’Armement et l’Institut des Hautes Etudes de Défense Nationale. Sur cette base, le Ministère de l’Intérieur, chargé de la « gestion au quotidien » de la sécurité, a dû s’adapter au fil des évènements.

En 1989, alors que le monde constate la globalisation avec la chute du mur de Berlin, une interface avec des écosystèmes extérieurs est créée. L’Institut des Hautes Etudes de la Sécurité Intérieure (IHESI 1989) modifie alors les rapports entre les différentes institutions chargées de protéger les Français. Cet écosystème ouvre une réflexion avec le monde scientifique, professionnel et industriel. Dès le début, les attentes se concrétisent par la mise en place de différents diplômes en sécurité avec l’Université de Paris V (Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées / DESS et Diplôme Universitaire / DU). Quelques recherches sont lancées et peu à peu l’IHESI favorise l’interaction avec tous les acteurs et chercheurs travaillant sur la sécurité !

Ce modèle, basé sur l’excellence scientifique et les « regards croisés » avec les décideurs en interface avec les SHS/SI, est justement celui de l’Université de Technologie de Troyes (UTT). Au cœur de cette structuration, elle prend une part active à l’initiative et au développement de la sécurité dans sa globalité. En 1998, un axe de recherche sur les risques sociaux et sociétaux (Diplôme d’Etudes Supérieures Spécialisées IMDS) s’ouvre avec la mise en place du Centre de Recherche et d’Etudes Interdisciplinaires sur le Développement Durable (CREIDD). Dès 2001, en écho aux actes de terrorisme, l’Université de Technologie de Troyes s’engage avec l’IHESI. La mise en place d’un master affirme le concept de « sécurité globale » (2002). A partir de cette date, une série d’initiatives sont prises. Entre 2002 et 2009, des publications sont proposées (2005 «imaginer la sécurité globale»), la première plateforme Agence Nationale de Recherche est installée à Troyes « Sécurité Globale » (2005), le diplôme sur les nouvelles menaces avec la Direction Générale Gendarmerie Nationale à Troyes (convention DGGN pour la cyber 2005), entraînant un programme européen sur la Cyber sécurité avec la Direction Générale de la Gendarmerie Nationale (DGGN) et d’autres acteurs (2009/2012), des thèses doctorales sont initiées et de nombreux programmes ANR sont soutenus par des chercheurs de l’UTT. La mise en place d’un G.I.S. affirment le modèle collaboratif. La validation d’une UMR par le CNRS structurée dans l'Institut Charles Delaunay (ICD) est fortement axée sur les Sciences et Technologies pour la Maitrise des Risques (STMR). Les relations avec les industries s’organisent peu à peu pour répondre aux problématiques de la sécurité. Les partenariats entre institutionnels/scientifiques/industriels affirment le concept.

Cette initiative ouvre un champ de réflexion stratégique au sein même des différents ministères et institutions. En 2010, le Secrétariat Général de la Défense Nationale auprès du 1er Ministre devient le Secrétariat Général de la Défense et de la Sécurité Nationale. Le Ministère de l’Intérieur confirme ses structures sur le champ de la globalité en mettant en place une Délégation aux Coopérations de Sécurités Privées (2010), une Délégation Ministérielle aux Industries de Sécurité et Cyber sécurité DMISC (2019 convention avec la DMISC). La création des centres de recherches nous permet d’orienter les recherches sur finalité opérationnelle (2013 convention avec DGPN-ENSP et 2019 chaire - convention avec l’ENSOSP 2014 et 2017 chaire). Un préfet à la normalisation confirme la volonté d’être à l’appui des industriels. En 2009, l’arrivée de la gendarmerie au Ministère de l’Intérieur conforte le positionnement du concept de sécurité globale. L’UTT participe à la préfiguration et la mise en place du Centre Supérieur de Formation et la Recherche Stratégique. Ce lien permet de soutenir quelques programmes de recherche (2010).

La mise en place du Centre des Hautes Etudes du Ministère de l’Intérieur (2010) nous entraine dans quelques explorations sur la vidéosurveillance. En 2019, le directeur de l’UTT intègre le CA et le CS de l’ENSP. Des conventions sont signées avec l’état-major des armées (2019). La collaboration s’intensifie et de nombreux travaux doctoraux et stages masters sont initiés avec les différents ministères et directions générales. La mise en place d’une coopération avec le CNAM, l’IRIT, l’Université de Mulhouse, Reims, le CEA, la DGA, l’association ALTERS, l’Institut Léonard de Vinci renforcent le positionnement de l’UTT. Des industriels affirment leurs présences à nos côtés en soutenant les travaux et nos étudiants alternants ou apprentis du Master Ingénierie et Management en Sécurité Globale Appliquée. Les mécènes des chaires participent à des programmes pendant que d’autres entreprises nous rejoignent pour enrichir nos expertises et travaux. Cet écosystème d’industriels et d’institutionnels nous offre l’opportunité de suivre l’évolution de l’Intelligence Artificielle. Ils nous accompagnent pour comprendre les processus de régulation sociale au quotidien. Facile à utiliser, difficile à analyser, la « complexité » des technologies nous amène à mesurer les conséquences qui en découlent sur la globalité en sécurité. Au fil des cycles, le rythme des bassins de vie s’accélère et le turnover entraine la multiplication des échanges et la complexification des écosystèmes. Sans y prendre garde, l’Intelligence Artificielle prend en charge la gestion de notre quotidien. Elle présente l’avantage de nous accompagner dans la régulation sociale mais masque la « complexité technologique ». En 2025, Internet des objets représentera plus de 75 milliards d’appareils interconnectés pour les besoins de l’Homme. Qui définira nos espaces de décisions et de libertés ?

La mission de l’UTT s’affirme depuis plus de 20 ans pour maintenir cet enjeu majeur !
La mise en place de l’Institut renforce cette action pour « étudier et comprendre la sécurité dans sa globalité, y compris technologique, afin de protéger notre « libre arbitre ».

Des programmes ANR et européens sont initiés pour mobiliser les partenaires avec lesquels l’UTT s’engage (UE ILEANET, NETCHER etc…). Les différentes plateformes sont mobilisées pour démontrer nos expertises et, la dernière en date, PRESAGES, renforce notre positionnement avec l’Ecole Nationale Supérieure des Officiers de Sapeurs-Pompiers et l’Ecole des Mines d’Alès. Un réseau de plateau de gestion de crises est en construction (2019). La création de l’équipe ERIS et la future UR concrétisent la recherche à finalité opérationnelle qui nous caractérise depuis plus de vingt ans. Dans le cadre d’un webinaire (2020), l’Institut propose une présentation mensuelle et les réseaux sociaux nous permettent de mettre en écho les actions de l’Institut.

En bénéficiant du savoir-être en Sciences Humaines et Sociales et du savoir-faire des Sciences de l’Ingénieur, l’Institut sur la Sécurité Globale et l'Anticipation, ainsi que les Chaires "Sécurité Globale - Anticiper et Agir" et "Gestion de Crise" affirment leur ambition de capitaliser les expertises et de proposer une relation de confiance avec les grands acteurs universitaires, les décideurs institutionnels et industriels du domaine en France et à l’international. En cohérence avec la promotion gouvernementale de « faire face ensemble » aux menaces et aux risques de l‘Union Européenne (DG HOME), l’Institut ambitionne une identité dynamique en transition permanente dans un bassin de vie hypersensible.

 
Pour conclure

Sur la base d’un triptyque, nous proposons de renforcer le cycle vertueux :
 
  • entre le praticien, le chercheur et le décideur,
  • réduire le temps des transitions et l’évolution des connaissances,
  • la mise en place d’une communauté interactive réflexion /action /décision.

Trois finalités gouvernent l’institut :
 
  • Académique : bénéficier de l’excellence scientifique et du partage des connaissances pour une meilleure compréhension des verrous technologiques et des défis sociétaux ;
  • Opérationnelle : avec les professionnels, répondre aux triples défis de la menace, des risques et des crises en proposant des enseignements, des méthodes et des recherches utiles au monde des praticiens ; 
  • Protéger les libertés : au "cœur" des tensions pour la décision, mesurer la sécurité face aux triples défis de la menace, des risques et des crises.

Pour une Mission : "Mesurer la sécurité dans sa globalité, y compris technologique, pour protéger nos libertés".


                                                                                                                                                                                          

Une recherche à finalité opérationnelle

Mission : étudier les pratiques innovantes et développer les connaissances dans le domaine de la sécurité globale des populations et des institutions, de la prévention des risques et de la gestion des crises.
Son objectif est de favoriser l’émergence de collaborations scientifiques entre les acteurs universitaires, institutionnels, industriels et citoyens. C’est un espace de discussion et d’innovation qui s’inscrit dans un continuum de recherche, formation, valorisation.

L’Institut ISGA s’appuie sur le développement d’une recherche interdisciplinaire répondant à deux finalités complémentaires :
  • Académique, par la création et la partage de savoirs et connaissances permettant une meilleure compréhension des phénomènes collectifs, qu’ils soient sociaux ou technologiques.
  • Opérationnelle, permettant l’échange critique et la conception de stratégies, enseignements, méthodes et outils utiles au monde des praticiens.

La sécurité globale, un défi de société

La sécurité globale tire son origine d’un constat, celui du développement d’une civilisation de l’instant et du mouvement. Mondialisation, technologies numériques, nanotechnologies, depuis la fin du XXe siècle, ces mutations affectent nos rapports à l’espace, au temps, à la matière et modifient nos modes de vie. Or, ces développements ne sont possibles que sous la protection de modèles de plus en plus complexes. De nouveaux maillons sont apparus dans la chaine sécuritaire. Cette nouvelle donne soulève des problématiques inédites, techniques, juridiques, économiques ou encore éthiques. En réponse, la sécurité globale, conjointement définie avec l’INHESJ (Institut National des Hautes Etudes de la Sécurité et de la Justice) est un concept fédérateur. Il s'agit d'identifier de nouvelles clés de lecture, entre anticipation, décision et mémoire, pour une sécurité globale d'initiative.

Collaborer avec l’Institut ISGA

Intégrer le réseau des chercheurs associés et experts affiliés de l’Institut ISGA
Construire une démarche de recherche à finalité opérationnelle n’est possible qu’avec un lien fort entre les chercheurs et les praticiens. L’Institut ISGA propose à des chercheurs et experts d’intégrer son réseau université et ainsi s’impliquer dans des actions de recherche ou de formation.

Participer aux activités des différentes chaires de recherche de l’Institut
Les chaires de recherche sont les espaces de réflexion et de production de l’institut. Ce sont des cadres réglementaires souples permettant à une institution ou entreprise de contribuer au développement des différentes thématiques portées, à travers la possibilité de mécénat, l’implication au sein de projets de recherche, la création de dispositifs de formation dédiés, ou encore la participation à différents événements thématiques.